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Frédéric Glorieux edited this page Sep 29, 2017 · 19 revisions

La didascalie est une notion pouvant accepter plusieurs définitions. Un encodage en XML (TEI.P5), impose une grammaire stricte dans la désignation et l’imbrication des éléments. A priori, le balisage des didascalies concerne principalement l’élément <stage>. Il peut se trouver au niveau de la pièce (Le Cid : « La scène est à Séville »), de l’acte, de la scène, de la réplique, ou en cours de réplique (Tartuffe : Le Ciel défend, de vrai, certains contentements ; C’est un Scélérat qui parle. Mais on trouve avec lui des accommodements.). Tout semble théoriquement prévu, mais la machine se grippe rapidement, par exemple avec cette entête de réplique pourtant fréquente « SGANARELLE, à part ». En TEI, les noms de personnages sont enveloppées dans l’élément <speaker>. <speaker> n’a pas le droit de contenir l’élément <stage>. Ce choix a été longtemps discuté et réfléchi dans la communauté TEI, il porte potentiellement une définition des didascalies. Une collection de théâtre en XML ne peut pas s’épargner une réflexion sur les didascalies, car si chacun n’est pas convaincu d’une même doctrine, le balisage ne sera pas homogène dans la collection.

Position interprétée de la TEI

Cette section se distingue de l’approche de Paul Fièvre plus bas. L’intention n’est pas d’aboutir à une définition, mais juste d’assurer un accord collectif suffisamment persistant, pour que les fichiers XML/TEI restent cohérents, par delà ceux qui ont pu les initier. Toutefois, les propositions qui suivent n’engagent pas toute la communauté dramacode, ils conduisent les projets d’édition ci-dessous.

On pourrait essayer cette définition très séduisante : « la didascalie est un discours de l’auteur et non d’un personnage ». Ceci recouvre très bien ce qui se met dans un <stage>, mais aussi, la préface de l’auteur. Est-ce que la distribution initiale des rôles n’est pas aussi un discours de l’auteur, ne serait-ce que l’ordre ? Tartuffe est entre la famille et les valets, qualifié de « faux dévot ». Cette indication scénique donne une direction importante aux acteurs, la TEI la met généralement dans un jeu d’éléments pour encoder la distribution des rôles : <castList>, contenant des <castItem>, contenant principalement les notions de <role>, <actor> et <roleDesc> (description du rôle, qui contiendrait « faux dévot »). <stage> n’est pas autorisé dans <castItem>. Le « discours de l’auteur » s’avère donc une notion très imprécise à interpréter. D’ailleurs, ne serait-ce pas l’auteur, ou certains de ses aspects, qui parle à travers chaque personnage ?

Nous avons préféré partir d’une analyse plus concrète, ce qui paradoxalement, la rend apparemment plus formelle. Généralement, un texte imprimé de théâtre s’adresse d’abord à une troupe. Si on exclut le paratexte (préface, notes, annexes…), cette situation de communication propose une distinction forte : une didascalie est du texte écrit qui ne se prononce pas. Cette définition a des effets larges, qui expliquent assez bien les choix de la TEI.

  • La distribution ou liste de personnages en tête de pièce <castList> est une didascalie à destination de la troupe pour annoncer les rôles, emplois, et relations. La dramaturgie automatique a besoin de cette information, de manière plus précise et plus structurée.
  • La distribution de scène, ex : « Phède, Hippolyte », relève de la didascalie. Le titre d’acte, de tableau ou de scène, aussi : « Scène 1 ». Il en résulte que l’on pourrait mettre titre de section et liste de personnages dans un même élément, un “titre” <head> : « Scène 1. Phèdre, Hippolyte. ». Ce n’est pas contradictoire avec la définition ci-dessus, mais <head> en TEI a le sens plus général de titres de section. Or, la liste des personnages peut être diversement longue et mêlée d’autres indications scéniques, ne relevant plus à proprement du titre : « . En conséquence, nous plaçons la distribution de scène dans un élément <stage>, juste après le <head>. Cette structure n’engage pas la présentation typographique (ex : tout peut paraître une ligne). La dramaturgie automatique aura besoin d’informations supplémentaires, cf. ici listPerson.
  • Les noms de personnages en tête de réplique <speaker> sont des didascalies, raison qui justifie TEI de ne pas y autoriser <stage> (comme on ne peut pas mettre un paragraphe dans un paragraphe). Il en résulte que les mots qui ne sont pas des noms de personnage ont le même statut de didascalie, les distinctions ne sont que typographiques.
    <speaker>Pipi <hi rend="i">et</hi> quatorze, <hi rend="i">riant</hi></speaker>

Relativement aux recherches très intéressantes de Paul Fièvre, cette définition est insatisfaisante. Elle ne permet pas d’extraire toutes les mentions de type “riant”, “à part” ou “il sort”, et de les traiter spécifiquement. La proposition TEI est imparfaite.

Commentaire P. Fièvre, Théâtre Classique

Tout n'est pas didascalie, au risque de finir par considérer, le titre comme une didascalie. Concernant le didascalie, on peut s'appuyer sur la typologie de Michel Vinaver 👍 Lire qui a le mérite d'être issue d'un auteur. Les didascalies de Beaumarchais a fait l'objet d'une thèse de Nada Saleh Lire le bref résumé. Véronique Lachert a aussi écrit sur les didascalies de Rotrou Lire en ligne et une thèse intitulée "L'écriture du spectacle : formes et fonctions des didascalies dans le théâtre européen des XVIe et XVIIe siècles". Sandrine Berregard a étudié celles de Corneille Lire en ligne. On peut regarder le travail fait sur théâtre classique : http://theatre-classique.fr/pages/didascalies.html.

La DTD TEI propose une liste fermée : settings, entrance, exit, busines, novelistic, delivery, modifier, location, mixed. Le terme est répétable avec un séparateur espace.

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